Une ouïe défaillante, une situation familiale compliquée, un public capricieux… Vous l’avez remarqué, Ludwig fait preuve d’une puissante force de caractère face aux difficultés! Et les dernières années de sa vie sont loin d’être un long fleuve tranquille. Après une décennie de grande fertilité musicale, caractérisée par des œuvres d’une remarquable durée et puissance expressive, Beethoven traverse une période de stérilité artistique entre 1813 et 1817. Les causes sont nombreuses : suite à la mort de son frère Kaspar-Karl, il endure un long procès pour obtenir la garde du neveu Karl, puis tombe gravement malade en même temps que ses finances s’amenuisent. Fait citoyen d’honneur de la ville de Vienne en 1815, il est désormais totalement sourd et mal aimé par le public viennois. Il se relève toutefois de ces épreuves avec une grande envie de nouveauté. En 1817, il se consacre à la composition d’une sonate pour piano-forte qui exploite toutes les possibilités de l’instrument : c’est la naissance de la Grande Sonate pour Hammerklavier opus 106, d’une durée de 50 minutes. L’indifférence que suscite cette œuvre ainsi que les suivantes ne touche pas Beethoven, conscient qu’elles sont destinées à un public… du futur ! Seule sa Neuvième Symphonie, ode au triomphe de la joie et de la fraternité, est applaudie par le public (notamment anglais) en 1824.

Que dire sinon que Ludwig Beethoven fut l’une des figures les plus marquantes de l’histoire de la musique ? Précurseur du romantisme, artiste indépendant, défini par son maître Haydn comme un homme ayant « plusieurs têtes, plusieurs cœurs, plusieurs âmes », Beethoven est un musicien tout simplement inclassable. On compte près de 500 œuvres à son effectif ! Il s’éteint en 1827, âgé de 56 ans, et un cortège de plusieurs milliers de personnes se réunit à l’occasion de ses funérailles.

Publié le 24 octobre 2019, Serena Benassu