Au-delà d’une vie de famille compliquée et des nombreuses déceptions amoureuses, Beethoven doit affronter la plus grande tragédie qui soit pour un musicien : la perte de son ouïe. Dès 1796, âgé seulement de 26 ans, Ludwig commence à souffrir de bourdonnements permanents. Accablé par cet ironique coup du sort, le jeune compositeur se coupe progressivement du monde, de peur d’être rejeté par son public et ses mécènes. Voilà qui explique, selon certains, sa réputation de misanthrope… !

En 1802, dans un moment de crise, il rédige le « Testament de Heiligenstadt », une lettre adressée à ses deux frères (retrouvée après sa mort et jamais envoyée) où il songe au suicide, sans toutefois se résigner à abandonner son art. Cette même année, il affirme vouloir « ouvrir un nouveau chemin » et entame une période de grande fertilité musicale. Aussi surprenant que cela puisse paraître, la perte d’audition n’arrête point la fougue créatrice de Beethoven : sa célèbre Symphonie Héroïque, composée en 1804, marque le début d’une série d’œuvres brillantes et révélatrices de son génie.

Dès 1810, Ludwig met fin à son activité de pianiste et se lance corps et âme dans la composition. Son ouïe dégénère au point qu’à partir de 1816, il est obligé d’utiliser des cornets acoustiques, puis d’avoir recours, l’année suivante, à des carnets de conversation pour communiquer avec son entourage. Anecdote surprenante : on a découvert que, pour composer, Beethoven tenait une baguette en bois entre les dents et l’appuyait sur la caisse du piano pour percevoir ses vibrations. Sacré Ludwig !

Hélas, c’est bientôt la fin de notre feuilleton… Mais nous comptons bien vous surprendre jusqu’au bout ! Rendez-vous au dernier épisode.

Publié le 30 décembre 2019, Serena Benassu