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« Avant l’œuvre, œuvre d’art, œuvre d’écriture, œuvre de parole, il n’y a pas d’artiste, ni d’écrivain, ni de sujet parlant, puisque c’est la production qui produit le producteur, le faisant naître ou apparaître en le prouvant. »
Maurice Blanchot

La Directrice artistique

Valentine Franssen

Quel est ton parcours ?

Issue d’un parcours artistique, mes études étaient partagées entre la création et la recherche. J’ai donc d’abord validé une Licence en Culture et Langues (spécialisée dans les Arts Plastiques) avant d’entamer un double cursus plus approfondi : une Licence en Histoire de l’Art/ Archéologie et, en parallèle, un Master de Pratique et de Recherche en Arts. Enfin, un Master professionnel en Valorisation et Communication Culturelle (spécialisé dans l’Expertise des professions de la culture)  m’a ouvert les portes des entreprises et des institutions culturelles.

J’ai démarré ma carrière en galerie d’Art, puis aux éditions Flammarion et Rizzoli New-York, au cœur du service presse et communication du secteur Beaux-Livres, avant de rejoindre l’équipe communication et événementiel du Musée du quai Branly – Jacques Chirac. J’ai ensuite été responsable des relations médias et de la communication au sein d’une agence de communication et de production spécialisée dans la musique classique. Enfin, j’ai rejoint Isabelle Gillouard, en tant que directrice adjointe et directrice artistique de l’agence Ysée.

Je n’avais jamais développé d’intérêt spécifique pour la musique classique avant d’en faire le cœur de mon métier, mais je pense que cela constitue aujourd’hui l’une de nos forces, car je projette constamment un regard neuf sur chacun de nos projets.


Création, recherche… Quel a été le déclic pour la communication ?

Plasticienne, je m’étais d’abord orientée professionnellement sur cette voie. C’est en réalisant des expositions que j’ai développé mon attrait pour la mise en espace, la communication et la création d’un langage par l’image. Ce sont ces notions que j’ai à cœur de traiter au quotidien : lorsque nous travaillons au projet d’un client, nous fabriquons une œuvre qui soutiendra la production dudit client. En d’autres termes je considère qu’Ysée a pour mission de sublimer le travail des artistes, des structures et des événements défendus.

C’est un travail passionnant puisqu’il permet de concevoir un langage et des passerelles de communication entre un art et son public. Il nous arrive même parfois de donner un axe de lecture à un artiste – sur lui, son travail – qu’il n’avait pas envisagé.

Quelle est ta démarche ?

Comme je l’expliquais précédemment, ma démarche est de proposer une nouvelle vision, voire une nouvelle lecture d’un artiste, d’une production, d’un événement… En me nourrissant des diverses tendances, des esthétiques classiques et des codes visuels issus d’univers graphiques alternatifs voire subversifs, je tente de dire autrement un artiste. L’identité est toujours respectée, mais nous donnons à celui-ci un changement de posture pour le faire grandir.

Notre singularité se trouve aussi dans ce collectif. J’y ai constitué une famille de plasticiens, graphistes et illustrateurs aux esthétiques et références extrêmement prolixes.


Comment parviens-tu à ces délicates missions ?

Je considère chaque support comme un terrain potentiel à la communication. Or, celle-ci ne doit pas dénaturer l’identité d’une personne ou de son projet. Ma méthode consiste essentiellement à prendre du recul, et à faire preuve d’audace formelle.

Nous prenons en compte les besoins du client lors d’un audit, avant de faire des préconisations pertinentes, en lien avec ses objectifs, son positionnement, ses valeurs à défendre, mais mon rôle est précisément de sortir du cadre. Et c’est en cela que nous sommes complémentaires, avec Isabelle. Elle apporte une structure solide, et stratégique, tandis que je m’emploie à réorienter les points de vues en fonction de ces pivots.

Propos recueillis par Sarah MENEGHELLO