200 bougies et pas une ride, ce n’est pas donné à tout le monde (surtout pas à votre belle-mère, avouons-le). Puisqu’on vous sent intrigué, place aux révélations : oui, il existerait un élixir de jeunesse permettant de traverser les siècles et les époques tout en gardant la mine fraîche. Les ingrédients? Une farce réussie, des drôles d’idées, du croustillant et surtout, une salade composée avec les bonnes notes… Jacques Offenbach, lui, l’avait compris depuis longtemps !

Avant de devenir une star de son temps, Jacques est un musicien d’origine allemande en quête de gloire. C’est en tant que violoncelliste à l’Opéra-Comédie de Paris qu’il débute sa carrière, puis commence à se faire connaître dans les salons parisiens et anglais à la mode. Malgré des compositions brillantes, il est ignoré par les hautes sphères de l’élite musicale auxquelles il aspire. Pourtant, on a affaire ici à un « slasheur » avant l’heure : musicien vertueux, artisan des mots, maître de la satire, Jacques ne tarit décidemment pas en qualités ! Enfant d’une époque romantique où le burlesque concurrence le lyrisme tragique, Offenbach choisit vite son camp et décide, pour ainsi dire, de tout miser sur la rigolade. En 1855, il reprend un théâtre à son compte, les Bouffes-Parisiens, et inaugure un nouveau genre, l’opéra-bouffe. Ses plus gros succès – Orphée aux EnfersBarbe-Bleue, La Vie parisienneLa Grande Duchesse de Gesrolstein – appartiennent à cette catégorie de spectacles légers, proches de l’opérette mais plus ambitieux en termes de mise en scène et, surtout, magistralement composés. Selon ses propres dires, ses opéras-bouffes sont « de nature à plaire aux intelligences cultivées et à la masse des spectateurs » : la satire y est très présente et le style musical peut même rivaliser avec les airs du grand répertoire classique. Aux Bouffes-Parisiens seront d’ailleurs mises en scène les œuvres burlesques d’autres compositeurs célèbres, comme Léo Délibes et Rossini. Cerise sur le gâteau, Offenbach reçoit en 1860 la nationalité française et est nommé, au sommet de sa carrière, Chevalier de la Légion d’honneur par Napoléon III. Pas mal pour un farceur !

Publié le 1er juin, Serena Benassu